Scène devenue banale dans un resto 🍽️
Un client, mécontent de ce qui lui est proposé sur la carte, débarque dans la cuisine et va demander, non pas au chef, mais au commis qui épluche les patates dans un coin, de lui cuisiner un plat à partir d’une fiche Marmiton qu’il avait dans sa poche au cas où.
Ai-je inventé l’anecdote ? Bien évidemment (dans la grande tradition de LinkedIn 😅).
Mais c’est pourtant ce qui se passe de plus en plus dans le développement avec le vibecoding.
Et le pire ? Ça donne des résultats intéressants.
J’avais déjà parlé de la vidéo de MiCode sur « la fabrique des idiots ». Il y donne une analogie que j’ai trouvée plus parlante que le sempiternel « chef d’orchestre » qu’on ressort pour parler du dév en 2026.
Dans une cuisine :
🥔 Le commis → corvéable à merci, il épluche les patates
🍖 Le chef de partie → en charge d’un domaine (viandes, sauces…), il manage les commis
🔧 Le sous-chef → le bras droit, vision grand angle + lien fort avec l’opérationnel. Premier arrivé, dernier parti.
⭐ Le grand chef étoilé → celui qui met son image en jeu, donne la vision, prototype les futurs grands plats, puis délègue.
Le grand chef est passé par tous les niveaux. Même si ça l’emmerde, il serait capable de remplacer n’importe quel poste – y compris éplucher des patates s’il le faut.
OK, mais pourquoi je raconte tout ça ?
Parce que mon exemple bidon du début, c’est exactement ce qui se passe avec les outils de vibecoding.
En démocratisant à l’extrême l’accès au code (la cuisine), on se donne le droit de court-circuiter la hiérarchie pour aller direct à l’exécution. L’usager final (le client à table) demande directement à la cheville ouvrière (le commis… ou l’IA générative) de faire le travail.
Alors, bonne ou mauvaise chose ?
La réponse est moins radicale qu’il n’y paraît :
→ A priori, c’est peu délicat et risqué : on peut se retrouver avec un plat complètement raté
→ Mais on réalise aussi que l’IA est déjà bien au-delà du niveau de l’éplucheur de patates. Pas encore le grand chef (manque de fiabilité, de vision, de constance), mais grandement compétente.
Et tout ça s’équilibre naturellement.
J’ai entendu pas plus tard qu’aujourd’hui l’anecdote d’un client qui, plutôt que de rédiger un cahier des charges hors sol, s’est amusé à vibecoder ce qu’il voulait. Pas pour se substituer au prestataire (il est conscient de ses manques techniques), mais pour visualiser concrètement son idée et avoir une demande claire et explicite.
Et vous, où vous situez-vous ? 👇
Client impatient, chef en quête de sens, ou inquiet devant ce que vous percevez comme des dérives ?
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Écrit par
Jean David Olekhnovitch
Oldschool developer, Auvergnat & European & Québécois d'adoption. At the crossroad between tech, people and culture. Living on a small Island in Québec