Mon premier stage, dans les années 90, c’était sur du COBOL (et une belle interface tournant sur un TeleType 😱 ). Je me souviens de commentaires écrits par un type dans les années 70. Je l’imaginais avec une grosse barbe, une clope, des pattes d’eph’. C’était déjà ringard à l’époque, mais ça tournait. Et 30 ans plus tard… ça tourne encore.
Le langage des années 60 qui oblige des devs proches de la retraite à être rappelés en urgence, payés très cher.
Ces profils me fascinent. À moitié retraités. Là pour le chèque, visiblement blasés… jusqu’à ce qu’ils touchent la machine. 🔧 Une sorte de Bruce Willis venu sauver le monde, le charisme en moins.
95% des transactions aux États-Unis. Des milliards de lignes en production. Le cœur transactionnel des banques.
Historiquement : IBM. Mainframes + COBOL pendant 30 ans. Les banques ont tout empilé dessus et n’ont jamais migré. La trouille sans doute.
Aujourd’hui une banque c’est une app mobile qui appelle des micro-services, puis des wrappers…. qui appellent du Cobol. Et coucou le revoilou, le gros mainframe IBM derrière tout ça.
Lundi, Anthropic annonce que Claude Code peut lire, comprendre le COBOL. Mapper les dépendances, documenter la logique métier, préparer la migration. Enfin ?
Scénario alternatif : les CTO auront toujours autant la trouille de migrer, en revanche l’IA pourrait se substituer aux vieux hippies Cobolistes qui peu à peu déménagent dans l’au-delà… un lieu où même les teletype sont inutilisables.
Des stacks legacy qui restent, mais entretenues par un LLM. je ne sais pas si c’est moins risqué !
En tout cas, c’est une grosse étape : le Cobol était réputé difficile à décrypter par l’IA, faute de littérature en ligne suffisante pour l’apprentissage des LLM.
Faut croire qu’ils ont trouvé des vieux listings dans un coin chez Anthropic.
IBM perd 13% en 24h. Pire chute depuis 2000. 31 milliards effacés. Accenture et Cognizant suivent.
Ironie : IBM a lancé son propre outil IA pour COBOL dès 2023 avec watsonx, sans réaction. Il aura fallu qu’Anthropic dise sensiblement la même chose pour que les investisseurs paniquent. 😅
Le COBOL en soi est simple. Le COBOL bancaire, c’est une cathédrale où seuls les initiés savent circuler.
Pendant 50 ans, la rareté des devs rendait ces systèmes quasi intouchables. Si l’IA réduit cette rareté, elle lève peut-être une des dernières barrières du legacy bancaire.
Est-ce que le marché surréagit ? Probablement un peu. Mais la direction est claire.
L’IA explore les couches les plus anciennes et les plus critiques du monde. Ça ne remplace pas encore les experts. Mais ça commence à lire leur code.
Cela dit, connaissant COBOL… je mettrais pas ma main à couper. Il a survécu au PC, à Internet, au cloud, au mobile et à des générations de consultants là pour le remplacer.
Le jour où une IA finira par migrer le dernier batch COBOL, il y aura probablement un PERFORM STOP-RUN quelque part qui refusera de s’exécuter. Et on rappellera un retraité. 😄

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Écrit par
Jean David Olekhnovitch
Oldschool developer, Auvergnat & European & Québécois d'adoption. At the crossroad between tech, people and culture. Living on a small Island in Québec